Cormoran : ennemi ou ami ?

Cormoran: l'ami du photographe, l'ennemi du pêcheur

Voilà, cela fait deux jours maintenant que j'observe les oiseaux à la frayère à brochets au Pont à Ham-sur-Meuse et aujourd'hui, je me pose une question, ne faut-il pas limiter le nombre de cormorans de façon radicale et j'ai bien dit, limiter, pas exterminer ! Depuis deux jours, j'observe un ballet incessant de cormorans, cela n'arrête pas de la journée, un repart qu'un autre arrive ! C'est la folie... Toujours en plongée, à la recherche de poissons, ils remontent la frayère à cinq de front (cette frayère, au plus large mesure 10 mètres) en quête de nourriture.

Je suis photographe, j'adore la nature mais je suis également pêcheur et je me pose la question de savoir s'il faut laisser faire ce carnage. Nos poissons disparaissent, surtout les carnassiers. Je ne dis pas que le cormoran est le seul fautif, l'homme a également une grande part de responsabilité (destruction des berges, des frayères naturelles et les pêcheurs ne respectent pas toujours le poisson ou peu). Moi, je pêche pour le plaisir en remettant 95 % de mes prises mais je suis un des seuls de ma région et je me suis déjà fait traiter de fou ... mais lequel l'est réellement ?!

Enfin, pour revenir au cormoran, doit-on laisser faire ou doit-on limiter à nouveau les populations car nos rivières en subissent aussi les conséquences. Moi je suis pour que l'homme intervienne le moins possible sur la nature mais pour le cormoran...........je ne sais pas. Il fait partie des espèces envahissantes, les populations explosent, entre 500 et 700 grammes de poissons par jour par cormoran sont dévorés........j'ai déjà vu des cormorans manger des poissons de plus de 40 centimètres sans problèmes. Je ne sais pas.... je suis dans le flou et vous ??

Observations du jour:

4 hérons cendrés, 1 grande aigrette, 1 dizaine de colverts, 3 grèbes castagneux, des dizaines de cormorans et quelques autres canards... à suivre car je vais placer un affût pour photographier ce spectacle que la nature m'offre.

Commentaires (13)

1. Reine Marie Anne 28/11/2015

Pour donner envie aux chasseurs de canards de se faire de beaux coups de fusils sur les cormorans, je leur signale que si le cormoran est très médiocre à manger brut même en salis, en revanche on en fait de très bons pâtés en utilisant moitié lard maigre de porc et moitié cher de cormoran avec oignons et un peu de foie de porc pour le mois leur bien poivrer, saler et voilà un bon en cas a tartiner sur du pain de campagne pour patienter à ll'affût pour la prochaine chasse et ravir le pisciculture de l'étang où lesdits volatils font des dégâts. Manger et être manger est une des grandes lois de la nature, l'homme en fait partie et est omnivore. Les cormorans à la casserole.....!....

2. Marion 20/09/2012

Je suis tout à fait d'accord avec Yves. L'homme fait des erreurs, la nature s'adapte et quand celle-ci va à son encontre, l'homme souhaite la contrôler. Il n'a pas compris qu'il faut faire avec la nature, quoi que l'on fasse elle aura toujours le dessus. Pour exemple les digues coutant des millions pour protéger des villes construites trop près de la mer et qui lors d'un tsunami ou tempête sont entièrement détruites.
Pour ce qui est du Cormoran, je comprend tous les points de vue, je côtoie régulièrement des pêcheurs qui haïssent cette espèce plus que tout au monde, voyant les cormorans avaler les grosses truites qu'ils pêchent puis relachent par plaisir (no kill). Mais personnellement, je pense que les écosystèmes doivent atteindre un équilibre pour bien fonctionner. Or l'homme détruit constamment cet équilibre, et il le paye quelques années après, mais ne se sent pas forcément coupable de la situation. Il tente alors de rétablir l'équilibre à sa façon souhaitant exterminer tout ce qui le dérange. Je pense également que le fait de tirer une partir de la population ne fait qu'accroitre la dynamique de la population, surtout avec des lâchés de truites pas très futées qui de plus ne possèdent plus assez d'habitats pour se cacher.. Que faire? Peut-être effectivement laissez la nature rétablie elle-même l'équilibre perdue...

3. Marion 20/09/2012

Je suis tout à fait d'accord avec Yves. L'homme fait des erreurs, la nature s'adapte et quand celle-ci va à son encontre, l'homme souhaite la contrôler. Il n'a pas compris qu'il faut faire avec la nature, quoi que l'on fasse elle aura toujours le dessus. Pour exemple les digues coutant des millions pour protéger des villes construites trop près de la mer et qui lors d'un tsunami ou tempête sont entièrement détruites.
Pour ce qui est du Cormoran, je comprend tous les points de vue, je côtoie régulièrement des pêcheurs qui haïssent cette espèce plus que tout au monde, voyant les cormorans avaler les grosses truites qu'ils pêchent puis relachent par plaisir (no kill). Mais personnellement, je pense que les écosystèmes doivent atteindre un équilibre pour bien fonctionner. Or l'homme détruit constamment cet équilibre, et il le paye quelques années après, mais ne se sent pas forcément coupable de la situation. Il tente alors de rétablir l'équilibre à sa façon souhaitant exterminer tout ce qui le dérange. Je pense également que le fait de tirer une partir de la population ne fait qu'accroitre la dynamique de la population, surtout avec des lâchés de truites pas très futées qui de plus ne possèdent plus assez d'habitats pour se cacher.. Que faire? Peut-être effectivement laissez la nature rétablie elle-même l'équilibre perdue...

4. Alexandre 77 02/09/2010

Yves, il me semble que ta conscience du problème soit un peu erronnée. Les alevinages par exemple... dans les zones à problème, ils ne constituent parfois même pas une ration journalière des cormorans présents! La pisciculture d'étang est essentiellement extensive également, contrairement aux piscicultures intensives qui elles sont constituées de petits bassins faciles à protéger donc non soumis à la problématique cormoran...

Le cormoran peut exploiter à fond une ressource, et quand il l'aura exploitée à ce niveau, sa pop se stabilisera stabilisant le peuplement piscicole à un niveau minimum, après avoir menacé la richesse spécifique de certains milieux, comme en prédatant des espèces vivant en bancs... ou indirectement par la mise à sec d'étangs extensifs devenus non rentable qui entraine la disparition de son cortège floristique et faunistique (batraciens, reptiles autres oiseaux...)

Il ne s'agit pas que du petit plaisir de certain, mais aussi de l'activité de ceux qui en vivent, et de la protection d'espèces autrement plus menacées.

5. Aubé Philippe (site web) 12/08/2010

Bonjour Gilles
Je ne suis pas pêcheur.
Au sujet des cormoran, je suis dans la Bresse. même problème.
Ma vision, peut-être que je me trompe, mais le cormoran n'est-il pas un oiseau de mer, alors que fait il dans nos terres ? il n'y a plus de poissons en mer ?
Amicalement, Philippe

6. Alexandre 77 24/03/2010

Marc, la situation est bien celle là, mais il faut nuancer. On ne parle pas de population sédentaire! Ici, non seulement il s'agit d'une espèce migratrice, mais en plus elle a une très grande mobilité sur l'aire d'hivernage... aire s'accroissant encore... Le rapport REDCAFE montre qu'il n'y a pas de rapport entre la densité de proie et la taille de colonies de cormorans, ce qui laisse supposer que le rapport à la densité des proie n'est pas parfait. La capacité de chasse du cormoran fait qu'il y a plus un rapport entre la quantité de poisson disponible (et non sa densité) et l'importance des colonies. Ainsi, s'il y a deux tonnes de poisson sur dix hectares ou 2 tonnes sur 20 hectares, la densité de cormorans ne diminuera pas. De plus, la mobilité de cette espèce non sédentaire permet d'observer des phénomèmes plus complexes. En effet sur des petites rivières, il peut y avoir de véritables curées pendant un hiver, conduisant à un anéantissement presque totale du peuplement piscicole... la nourriture insuffisente limite la prédation pendant quelques années (2-3)et puis un nouveau, la prédation recommence. lors de ces prédations, celles que j'ai observé, les gardons sont presque anéantis, reste quelques chevesnes de grosse taille souvent blessés pouvant encore se reproduire, les autres petites espèces exceptées celles à moeurs nocturnes vivant sous les cailloux disparaissent totalement, les brochets de 1 à 3 ans sont mangés, les plus gros meurent ensuite par manque de nourriture, après avoir mangé les derniers gardons...au final, une petite rivière au peuplement piscicole initialement riche ne contient plus que 1 ou deux espèces... Malheureusement, peu de gens sont capable de témoigner, car la plupart ne connaissent la biodiversité que par ce qui émerge et est visible. Cette mobilité est d'ailleurs suggérée par l'auteur des rapports sur les comptages bisannuels, expliquant les variations d'effectifs entre les département par le manque de ressources du fait que les variations observées ne sont pas en rapport avec les quotas de tir attribués... Ce qui revient à montrer qu'une réduction globale de la population européenne de Cormorans est nécessaire pour résoudre ce problème... puisque la seule autre solution valable (la restaurations de l'hydromorphologie des rivières avec le maintien des débris ligneux), constitue un danger pour la sécurité des biens et des personnes. Faut choisir.

7. Marc Solari (site web) 14/03/2010

Bonjour
Chez nous aussi le Cormoran est détesté par les pêcheurs (les Hérons aussi d'ailleurs) Ils sont en effet nombreux mais il semble que la population a atteint un pic et qu'elle commence à décroitre.C'est un phénomène propre à toutes les espèces en expansion la croissance de la population grimpe jusqu'à un pic puis elle décroit parfois brutalement parfois lentement quand la capacité d'accueil du milieu est dépassée.Ensuite elle remonte légèrement et se stabilise en équilibre avec le milieu seule garantie de sa survie à long terme.Pour l'instant la population de Cormorans beaucoup de régions est encore en phase de croissance et effectivement les dégâts peuvent être localement importants.Mais la phase de diminution devrait suivre assez vite. Si on intervient par tir ou autrement les oiseaux compenseront les pertes par une reproduction accrue et ils resteront longtemps en phase de croissance voir toujours si on maintient la pression.A moins évidement de passer au massacre systématique comme cela se faisait dans le passé.
Le problème n'est pas simple à résoudre mais si l'homme s'en mêle le remède peut être pire que le mal.Le seul prédateur naturel du Cormoran c'est le Pygargue à queue blanche mais ces effectifs très réduits ne permettent plus une régulation efficace.

8. Alexandre 77 06/03/2010

Le cormoran est une catastrophe!

La plupart des prédateurs sont régulé par un rapport de densité dépendence... le cormoran, c'est un peu différent:

Il arrive chez nous en hiver, quand le poisson fourrage est rassemblé, ce n'est donc que la quantité de nourriture qui le limite. Si le poisson de 10km de rivière est rassemblé sur 3hectares... vous imaginez... De plus, quand cette ressource en poisson concentrés sur un secteur s'amenuise, les chasses organisées en groupe permettent de pousser les poisson sur parfois plusieurs centaines de mètres pour organiser la curée. Alors pour ceux qui pensent que les lachers de poissons y font quelque chose, je rigole. Par chez moi, c'est près de 75tonnes de poisson prélevé par an par les cormorans... et 500kilos lachés par l'aappma... Et pour ceux qui pensent que c'est un oiseau marins... c'est FAUX! le Phalacrocorax carbo est marin, mais celui qui nous concerne, c'est le Phalacrocorax carbo sinensis qui est une sous-espèce inféodée aux eaux continentales... et ce depuis bien avant qu'on ne parle de surpêche en mer...

Dans son estomac, on trouve toutes espèces de poisson... et de tailles variables, ça peut aller du poisson de l'année au brochet de 55cm! majoritairement, il mangera des poissons de 2-3ans sur les poissons à croissance rapide. Mais le fait de manger des classes d'age plus élevées que d'autres espèces prédatrice joue également un rôle. En effet, le grèbe qui par exemple consomme principalement des poissons de moins d'un an n'a presque pas d'impact, puisqu'il existe de gros phénomènes de régulation sur les alevins. Si le taux de survie la première année des alevins est de 40% et que le grèbe consomme 40%, il est fort probable que le taux de survie restera à 40%, car au cours de l'année, l'augmentation de la mortalité par le grèbe devrait diminuer d'autres causes de mortalité, comme les maladies, le manque de ressources... Par contre si le prélèvement a lieu sur des classes d'age plus élevées celà n'est pas pareil, car ces dernières ne subissent pas un taux de mortalité aussi élevé pouvant tamponner une augmentation de prélèvement. Alors pourquoi ne pas accuser aussi le héron? Le héron peut aussi, localement poser des problèmes, mais c'est exceptionnel, déjà du fait qu'il ne se retrouvent jamais en de concentrations aussi importantes. De plus, on tend à l'oublier, le héron n'est pas exclusif des poissons, et une grosse partie de leur alimentation est constitué de rongeurs et batraciens (ce qui peut d'ailleurs en certains endroits rendre précaire la protection de ces derniers).

Que faire?
La première soltion serait de rendre à nouveau sauvages nos rivières, les remplir d'arbres couchés... mais ce n'est pas possible en raison de la navigation, la protection des ponts, la prévention des crues...

Huilage d'oeufs: difficile, ce qui reviendrait à demander à quelques pays d'europe de faire tout le sale boulot et qui risquerait de conduire à un vieilissement des populations par la diminution des jeunes.

... reste le tir, et vu comment en europe on a tardé de le faire...

9. Raf (site web) 24/02/2010

Par chez nous ça ne foisonne pas de cormorans. Mais il est vrai que sans prédateur, il risque d'entrer en compétition avec d'autres espèces : je pense aux grèbes et tout autres oiseaux péchant essentiellement du poisson en milieu d'étang.

10. lookblue ( Pascal ) 15/02/2010

Le Cormoran est là et en nombres et épuisent doucement les réserves de poissons et pourrait de se faite nuire à d'autres espèces de pêcheurs comme lui ,même si on remet des poissons d'élevages la situation restera la même, il continuera à se reproduire et il n'a pas de prédateur à part l'homme qui pourrait évidemment limiter sa population ... Mais bien évidemment tout le monde ne verrait pas çà de très bonne oeil.
La nature trouvera la solution de toute manière, mais certainement en sacrifiant une où des espèces vivantes afin de rétablir l'ordre des choses !!! Faut-il attendre jusque-là.

11. Coralie (site web) 15/02/2010

Pour ce qui est de la limitation du nombre des cormorans, je ne sais pas, je ne suis pas assez au fait de ces choses là.
Par contre, pour ce qui est de ta photo, je la trouve très belle!

12. Johnny Bessonnier 14/02/2010

Cet oiseau emblématique des falaises côtières est en effet de plus en plus présent sur les grands cours d'eau et étangs à l'intérieur des terres.J'habite à Puteaux prés du bois de Boulogne, cette année je trouve important le nombre de cormoran sur les lacs. Ce n'est certainement pas par hasard si la présence de ce formidable pêcheur est en grand nombre.
J'ai déjà vu un héron poignardé un poisson très gros et le laisser sur place incapable de l'avaler...Je partage l'avis de Yves qui expose parfaitement le problème sur la fréquentation du cormoran à l'intérieur de nos terres. A t'il un prédateur cet oiseau?
Il est certain que l'homme trouvera une solution radicale pour se défaire de celui qui "gêne". A suivre

13. Yves (site web) 12/02/2010

Voilà un oiseau qui a su tirer parti des erreurs de l'homme . Ne trouvant plus sa nourriture en mer où le poisson à diminué comme peau de chagrin , il a trouvé une nourriture facile grâce aux élevages piscicoles intensifs à l'intérieur des terres . Sa croissance à donc fait un bon aux abords de ces élevages . L'alevinage en grandes quantités des grands lacs et étangs pour attirer les pêcheurs du dimanche à fait aussi que la population de cormorans a pu se développer à grande échelle et maintenant si difficile pour l'homme à maitriser .... Lorsque celui-ci ne trouve plus de nourriture suffisante dans les plans d'eau vu l'accroissement spectaculaire de l'espèce , il prospecte les rivières et ruisseaux de nos régions pour survivre . Le cormoran est un prédateur qui n'a pas la notion du plaisir quand comme nous deux il pêche une belle truite de plus de 40 cm , le no kill il ne connait pas .
L'homme a encore une fois déréglé la nature et se trouve maintenant dans l'incapacité d'y faire front ... Alors il pleurent , il gueule avec un air d'incompréhension du phénomène !!!
Alors maintenant que faire face à ce concurrent ... Au Québec le compte a rebours est lancé face à la surpopulation des cormorans . 1 millions de ces oiseaux naissent là-bas chaque année !!!!!
Et bien malheureusement je crois que la seule solution se fera naturellement , lorsqu'il n'y aura plus assez de poissons pour nourrir les cormorans ... Ils disparaitront des cours d'eau de nos campagnes . Malheureusement l'homme continue à balancer du poisson d'élevage dans les plans d'eau et les rivières pour son plaisir ... !!!

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